Pourquoi il faut veiller au taux de cholestérol

Ce rôle du cholestérol dans la régulation des protéines du cerveau pourrait en effet être une clé essentielle dans le développement des maladies du système nerveux central telles que la maladie d’Alzheimer. C’est ce que documente cette recherche de l’IMIM (Hospital del Mar Medical Research Institute- Barcelone) : le cholestérol présent dans les membranes cellulaires pourrait interférer avec la fonction d’une importante protéine membranaire du cerveau, à travers un mode d’interaction jusque-là inconnu. Des conclusions présentées dans la revue Nature Communications qui ouvrent un nouveau paradigme dans la relation entre le cholestérol membranaire et une famille de protéines essentielles dans la transmission des signaux et la communication entre les cellules du cerveau.  

L’étude démontre que le cholestérol présent dans les membranes cellulaires est capable de réguler l’activité du récepteur d’adénosine, en l’envahissant et en accédant au site actif. En interagissant avec ces protéines, il serait donc possible de développer de nouveaux traitements de maladies neurodégénératives de type Alzheimer. Le récepteur de l’adénosine appartient à la famille des GPCR (G Protein-Coupled Receptors), une famille de protéines situées dans les membranes cellulaires au rôle clé dans la transmission des signaux et la communication entre les cellules du cerveau. Ces protéines sont donc impliquées dans un très grand nombre de processus physiologiques importants, dont la vision, l’odorat, le goût, la régulation du système immunitaire dont l’inflammation ainsi que dans le comportement.

Or le cholestérol est un composant essentiel des membranes neuronales, où les GPCR résident avec d’autres protéines. Et les taux de cholestérol dans la membrane sont altérés dans des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. L’étude montre que le cholestérol peut exercer une action directe sur cette importante famille de protéines dans les membranes neuronales, les GPCR, et cette voie d’interaction jusqu’alors inconnue entre la membrane cellulaire et les protéines pourrait être une cible précieuse pour de nouvelles thérapies. 

Quel mécanisme ? Les 2 mécanismes jusque-là envisagés sont que le cholestérol pourrait altérer les propriétés physiques de la membrane ou encore se lier à la surface de la protéine, et dans ces 2 cas, exercer son action modulatrice de l’extérieur de la protéine. L’étude révèle qu’en fait le cholestérol peut quitter la membrane neuronale et entrer dans le récepteur de l’adénosine et accéder ainsi au site actif du récepteur et moduler son activité. Ainsi, le taux de cholestérol dans les membranes cellulaires pourrait avoir un effet direct sur le comportement des protéines clés dans les maladies du système nerveux central. 

Des niveaux élevés de cholestérol membranaire comme ceux présents chez les patients atteints d’Alzheimer vont bloquer le récepteur adénosine, et donc la communication neuronale. Et cela pourrait expliquer bon nombre de symptômes dans les maladies neurodégénératives et permettre le développement de nouvelles molécules qui, comme le cholestérol, ont la capacité d’entrer dans le récepteur et de moduler son activité. Il reste à découvrir si ce mécanisme moléculaire est présent dans d’autres protéines GPCR et donc impliqué dans d’autres maladies du système nerveux central.

« Copyright © 2017 AlliedhealtH www.santelog.com 

Apprenez tout sur le Centre de la Mémoire

Apprenez tout sur l’avancé de notre grand projet pour Genève en cliquant sur l’image:

centre-memoire

LA DIÉTÉTIQUE DU CERVEAU OU COMMENT BIEN MANGER POUR BIEN PENSER

D’après une communication du Docteur Jean-Marie Bourre, membre de l’Académie de Médecine, aux Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer le 4 avril 2013 à la Maison de la Chimie.

Comment s’alimenter pour bien nourrir son cerveau et retarder son vieillissement ? Les chercheurs nous incitent à nous laisser guider par la variété et le plaisir !

Pour fonctionner au mieux de ses possibilités à chaque instant, le cerveau a d’abord besoin de sucres ou de glucides. C’est la source première d’énergie des neurones. Pour ne pas risquer la panne cérébrale par manque de carburant, il faut manger des glucides lents, comme le pain ou les pâtes, aux trois repas. Ainsi, le taux de sucre dans le sang reste suffisant à tout moment. A contrario, une personne âgée qui fait un petit-déjeuner sans tartines voit ses performances intellectuelles se réduire comme peau de chagrin dans les heures qui suivent !

Faire les bons choix

200570730-001Le cerveau a également besoin d’acides aminés essentiels que le corps ne sait pas fabriquer. On les trouve dans les protéines. Celles d’origine animale (viandes, produits de la mer, œufs, produits laitiers) sont presque toujours de meilleure qualité, sur le plan nutritionnel, que les protéines végétales (le soja par exemple). A partir de la cinquantaine, l’idéal consiste à manger 60% de sa ration quotidienne de protéines au déjeuner. Il ne faut pas oublier le zinc des huîtres, du foie de veau ou des germes de blé, qui participe notamment à la perception du goût des aliments. Sans zinc, le plaisir alimentaire s’émousse ! Dès lors, on mange moins et notre cerveau peine à trouver tout ce dont il a besoin pour exploiter pleinement ses capacités… Le fer est un autre oligoélément primordial pour nos neurones. Plutôt que d’imiter Popeye et de manger des épinards, la science nous incite à privilégier le fer d’origine animale, celui du boudin noir ou de la viande rouge par exemple. Il est dix fois mieux absorbé.

76850011Des atouts à tout âge

Un dernier ingrédient crucial :  Les graisses ou lipides, parce qu’ils contiennent des acides gras essentiels. Les fameux acides gras oméga 3 des poissons et des huiles de colza ou de noix, en font partie. Ils jouent un rôle considérable dans la construction du cerveau dans l’enfance, mais aussi dans son fonctionnement et son maintien à l’âge adulte. La preuve :  Consommer du poisson « souvent », soit quatre fois par semaine, réduit de moitié le risque de démence !