De grandes avancées et des espoirs

D’après une communication du Pr Bruno Dubois, président du Comité Scientifique de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, aux Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer.

Les mécanismes de la maladie d’Alzheimer sont bien mieux connus et son diagnostic a fait d’énormes progrès. La situation est plus décevante pour le développement de nouveaux médicaments, mais des pistes prometteuses se font jour.

L’enchainement des évènements qui conduisent à la maladie d’Alzheimer est en grande partie décrypté. Tout commence par la formation d’une protéine anormale, la protéine amyloïde. Son accumulation provoque la formation de plaques dans le cerveau. Elle modifie le fonctionnement des neurones, avec la formation de dégénérescences et la mort de certains neurones. Cette mort neuronale se traduit par une atrophie de zones du cerveau comme l’hippocampe. Elle se manifeste par des troubles de mémoire.

Enfin un diagnostic plus sûr

Les progrès considérables réalisés ces dernières années font qu’il est aujourd’hui possible de détecter chacun de ces évènements. Les plaques amyloïdes peuvent être étudiées par PET scan, qui permet d’obtenir des images du cerveau et de son fonctionnement. Un changement  de concentration de protéines anormales est décelable dans le liquide céphalorachidien, après ponction lombaire. L’atrophie de l’hippocampe est visible à l’IRM et il existe des tests qui décèlent les troubles de mémoire spécifiques. Ainsi, on peut désormais poser de façon quasi certaine le diagnostic de la maladie. C’est une véritable révolution. Continuer à lire … « De grandes avancées et des espoirs »

LA DIÉTÉTIQUE DU CERVEAU OU COMMENT BIEN MANGER POUR BIEN PENSER

D’après une communication du Docteur Jean-Marie Bourre, membre de l’Académie de Médecine, aux Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer le 4 avril 2013 à la Maison de la Chimie.

Comment s’alimenter pour bien nourrir son cerveau et retarder son vieillissement ? Les chercheurs nous incitent à nous laisser guider par la variété et le plaisir !

Pour fonctionner au mieux de ses possibilités à chaque instant, le cerveau a d’abord besoin de sucres ou de glucides. C’est la source première d’énergie des neurones. Pour ne pas risquer la panne cérébrale par manque de carburant, il faut manger des glucides lents, comme le pain ou les pâtes, aux trois repas. Ainsi, le taux de sucre dans le sang reste suffisant à tout moment. A contrario, une personne âgée qui fait un petit-déjeuner sans tartines voit ses performances intellectuelles se réduire comme peau de chagrin dans les heures qui suivent !

Faire les bons choix

200570730-001Le cerveau a également besoin d’acides aminés essentiels que le corps ne sait pas fabriquer. On les trouve dans les protéines. Celles d’origine animale (viandes, produits de la mer, œufs, produits laitiers) sont presque toujours de meilleure qualité, sur le plan nutritionnel, que les protéines végétales (le soja par exemple). A partir de la cinquantaine, l’idéal consiste à manger 60% de sa ration quotidienne de protéines au déjeuner. Il ne faut pas oublier le zinc des huîtres, du foie de veau ou des germes de blé, qui participe notamment à la perception du goût des aliments. Sans zinc, le plaisir alimentaire s’émousse ! Dès lors, on mange moins et notre cerveau peine à trouver tout ce dont il a besoin pour exploiter pleinement ses capacités… Le fer est un autre oligoélément primordial pour nos neurones. Plutôt que d’imiter Popeye et de manger des épinards, la science nous incite à privilégier le fer d’origine animale, celui du boudin noir ou de la viande rouge par exemple. Il est dix fois mieux absorbé.

76850011Des atouts à tout âge

Un dernier ingrédient crucial :  Les graisses ou lipides, parce qu’ils contiennent des acides gras essentiels. Les fameux acides gras oméga 3 des poissons et des huiles de colza ou de noix, en font partie. Ils jouent un rôle considérable dans la construction du cerveau dans l’enfance, mais aussi dans son fonctionnement et son maintien à l’âge adulte. La preuve :  Consommer du poisson « souvent », soit quatre fois par semaine, réduit de moitié le risque de démence !

La maladie d’Alzheimer – Vidéo Dailymotion

La maladie d’Alzheimer par HUG