Le diagnostic progresse, pas (encore) les traitements

D’après une communication du Professeur Bruno Dubois, directeur de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A) et président du Comité scientifique de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, lors des Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer du 4 avril à la Maison de la Chimie.

Il est aujourd’hui possible de poser le diagnostic de maladie d’Alzheimer avec une quasi certitude. Cette grande avancée contraste avec les résultats pour l’instant assez décevants des médicaments candidats.

Les troubles de la mémoire sont très fréquents avec l’avancée en âge. Plus de la moitié des personnes de 65 ans et plus seraient concernées* ! Le plus souvent, il s’agit d’une plainte de mémoire banale, très fréquente, liée à l’âge et aux troubles attentionnels. Mais cela peut aussi être un symptôme d’une maladie d’Alzheimer débutante. Avant 2007, les médecins ne pouvaient l’affirmer de façon certaine. Ils devaient d’abord éliminer toutes les autres causes possibles de troubles de la mémoire par différents examens, avant de poser le diagnostic de la maladie d’Alzheimer.

PET IRM

Une ère nouvelle dès maintenant…

La donne a totalement changé avec la découverte de biomarqueurs spécifiques qui sont les signatures de la maladie. C’est comme l’augmentation du taux de sucre dans le sang (glycémie) qui permet d’authentifier l’existence d’un diabète. Dans la maladie d’Alzheimer, les marqueurs sont au nombimage cerveaure de trois. Le PET-SCAN, un examen qui permet d’obtenir des images du cerveau et de son fonctionnement, montre la présence de plaques amyloïdes. L’IRM cérébrale décèle une atrophie caractéristique de certaines régions du cerveau, tel l’hippocampe. L’examen du liquide céphalo-rachidien, obtenu par une simple ponction lombaire, révèle une diminution de la protéine amyloïde et une augmentation de la protéine tau. Ces trois examens sont désormais pratiqués dans la plupart des centres experts de la maladie d’Alzheimer en France. C’est une avancée considérable pour le diagnostic.

… et un espoir pour demain !

Ces marqueurs possèdent aussi un immense intérêt en matière de traitement. Grâce à eux, il devient possible de tester un nouveau médicament sur les personnes atteintes de façon certaine de la maladie, et seulement sur elles. A l’étape de leur recrutement dans un nouvel essai clinique, comme tout au long de leur suivi, l’utilisation des marqueurs permet de fiabiliser les résultats obtenus. Qu’ils soient positifs ou négatifs, le doute n’est plus permis ! Ce n’était pas le cas jusqu’à présent.

* Cohorte Paquid

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