De grandes avancées et des espoirs

D’après une communication du Pr Bruno Dubois, président du Comité Scientifique de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, aux Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer.

Les mécanismes de la maladie d’Alzheimer sont bien mieux connus et son diagnostic a fait d’énormes progrès. La situation est plus décevante pour le développement de nouveaux médicaments, mais des pistes prometteuses se font jour.

L’enchainement des évènements qui conduisent à la maladie d’Alzheimer est en grande partie décrypté. Tout commence par la formation d’une protéine anormale, la protéine amyloïde. Son accumulation provoque la formation de plaques dans le cerveau. Elle modifie le fonctionnement des neurones, avec la formation de dégénérescences et la mort de certains neurones. Cette mort neuronale se traduit par une atrophie de zones du cerveau comme l’hippocampe. Elle se manifeste par des troubles de mémoire.

Enfin un diagnostic plus sûr

Les progrès considérables réalisés ces dernières années font qu’il est aujourd’hui possible de détecter chacun de ces évènements. Les plaques amyloïdes peuvent être étudiées par PET scan, qui permet d’obtenir des images du cerveau et de son fonctionnement. Un changement  de concentration de protéines anormales est décelable dans le liquide céphalorachidien, après ponction lombaire. L’atrophie de l’hippocampe est visible à l’IRM et il existe des tests qui décèlent les troubles de mémoire spécifiques. Ainsi, on peut désormais poser de façon quasi certaine le diagnostic de la maladie. C’est une véritable révolution.

Non héréditaire dans l’immense majorité des cas

En matière de génétique, on sait aujourd’hui qu’il existe deux situations. Dans la première, exceptionnelle, la maladie d’Alzheimer est due à la mutation d’un gène. C’est le cas pour moins de 0,3% des personnes atteintes de la maladie, qui s’exprime alors toujours avant l’âge de 55 ans. Pour autant, seules 18% des maladies d’Alzheimer précoces relèvent d’une cause génétique héréditaire. Dans la seconde situation, infiniment plus fréquente, la maladie d’Alzheimer n’est pas liée à la mutation d’un gène. Il existe néanmoins des facteurs génétiques qui semblent rendre plus susceptibles de développer la maladie un jour. Ces facteurs ne sont pas les seuls à intervenir et ils n’augmentent que de très peu le risque d’avoir la maladie. C’est pourquoi il est inutile de les rechercher chez les enfants d’une personne atteinte.

De nouveaux traitements à l’étude

Le développement de nouveaux médicaments occupe de nombreuses compagnies pharmaceutiques. Force est de constater que les travaux les plus avancés s’avèrent plutôt décevants, en partie parce que les personnes incluses dans les essais cliniques ont des lésions du cerveau très évoluées. Néanmoins, une nouvelle approche de recherche suscite l’espoir. Elle repose sur la mise au point de médicaments qui bloquent les évènements biologiques à l’origine même de la maladie. Ce faisant, ils pourraient retarder les symptômes et leur aggravation. Ils sont testés actuellement à un stade précoce de la maladie, avec de premiers résultats attendus dès 2013.

Auteur : Association Suisse pour la Recherche sur l'Alzheimer

Association Suisse pour la Rercherche sur l'Alzheimer

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